Pourquoi la vie est pire maintenant : l’impact persistant de la pandémie

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Le sentiment que la vie était simplement meilleure avant mars 2020 est répandu, et les experts affirment qu’il ne s’agit pas seulement de nostalgie. Même si les conditions objectives ne se sont pas nécessairement détériorées pour tout le monde, le bilan psychologique collectif de la pandémie continue de façonner notre perception du monde. Il ne s’agit pas de lunettes teintées en rose ; il s’agit d’un changement fondamental dans notre perception de la sécurité, de la stabilité et de la connexion.

Le chagrin non traité

La pandémie de COVID-19 n’était pas seulement une crise sanitaire ; ce fut une période de deuil immense et généralisé. Près de 850 000 Américains sont morts rien qu’en 2020-2021, souvent avec des familles exclues des hôpitaux et des rituels de deuil traditionnels perturbés. Cela a conduit à un deuil prolongé et compliqué pour beaucoup, où la perte reste intensément présente même des années plus tard. Mais le chagrin ne se limite pas à la mort. La pandémie a également entraîné des pertes d’emplois, l’isolement et la perturbation des routines, créant un traumatisme collectif qui continue de résonner.

“Des millions de personnes sont mortes dans le monde, et même si vous n’avez perdu personne personnellement, vous souffrez toujours de chagrin… car il ne s’agit pas seulement de qui vous avez perdu, mais de ce que vous avez perdu.”

Traumatisme et érosion de la sécurité

La pandémie était intrinsèquement traumatisante. Le choc soudain provoqué par la mortalité généralisée, l’instabilité économique et la peur a créé un immense sentiment de vulnérabilité. Le traumatisme ne respecte pas les délais. Même des années plus tard, le cerveau reste hyper-alerte au danger, ce qui rend plus difficile le sentiment de sécurité. Cela change la façon dont nous interagissons avec les autres, transformant les étrangers en menaces potentielles et le monde en un endroit plus incertain.

Ce changement est encore aggravé par le fait que la pandémie n’a pas de date de fin claire. Même aujourd’hui, la COVID persiste et ses conséquences à long terme sur la santé continuent de toucher des millions de personnes. Cette incertitude prolongée empêche le type de fermeture qui permettrait une véritable reprise.

La montée des luttes en matière de santé mentale

La pandémie a déclenché une augmentation significative des problèmes de santé mentale. Les taux d’anxiété et de dépression ont augmenté de 25 % à l’échelle mondiale, et même si ces chiffres se stabilisent, les répliques demeurent. L’insécurité du logement induite par la pandémie, la perte d’emploi et l’isolement social ont tous contribué à cette crise, et bon nombre de ces problèmes persistent aujourd’hui.

La nouvelle norme de l’isolement

La pandémie a accéléré la tendance à l’isolement. Le travail à distance, les rendez-vous en ligne et les divertissements numériques facilitent la déconnexion du monde physique. Cette commodité a un prix : une interaction sociale réduite, essentielle au bien-être mental. Nous disposons désormais d’infrastructures qui favorisent l’isolement, ce qui rend plus difficile le retour aux niveaux d’engagement social d’avant la pandémie.

Un sentiment de stabilité déformé

Nos souvenirs sont sélectifs. Avant 2020, la vie n’était pas parfaite ; des difficultés, des pertes et des problèmes systémiques existaient. Mais le monde pré-pandémique semblait plus stable parce que notre cerveau l’associe à la prévisibilité. Le traumatisme de 2020 a brisé cette illusion, nous laissant un sentiment persistant d’instabilité et de vulnérabilité.

L’idée d’un simple « retour à la normale » est un mythe. Quelque chose de fondamental a changé, et ignorer cette réalité ne fait que prolonger l’inconfort. Le monde a changé et notre système nerveux continue de s’adapter.

Pour aller de l’avant, il est crucial de reconnaître ce traumatisme persistant, de demander de l’aide si nécessaire et de reconstruire intentionnellement des liens avec le monde qui nous entoure. La vie ne sera peut-être plus jamais exactement comme avant, mais comprendre les effets persistants de la pandémie est la première étape vers la recherche d’un nouveau sentiment de stabilité.